Les bahts qui restent : que faire avant le vol retour
Article mis à jour: 2026-09-17
Meilleur taux EUR · Bangkok: 38,10 — Superrich Thailand — Headquarter Rajdamri 1 · 20 sept., 08:58 → Détails
Changer de l’argent en fin de séjour est le moment où l’on paie la seconde moitié de la marge. Cela mérite cinq minutes de préparation, la veille plutôt que dans la file d’embarquement.

Pourquoi le retour coûte plus que prévu
À l’arrivée, vous avez utilisé la colonne Buying du tableau : le bureau vous achetait vos euros. Au départ, vous utilisez la colonne Selling : vous achetez des euros au bureau avec des bahts.
Les deux sens portent une marge, et vous payez les deux. Sur une devise majeure, dans un bureau compétitif, l’aller-retour complet coûte de l’ordre de 1 à 2 %. À un comptoir d’aéroport, cela peut monter à 8 ou 10 %.
Autrement dit : chaque euro changé à l’arrivée puis rechangé au départ vous a coûté deux fois. C’est la raison pour laquelle la meilleure stratégie n’est pas de bien rechanger, mais de ne pas avoir à rechanger.
L’aéroport est le pire endroit pour le faire
Comme à l’arrivée, les comptoirs des halls de départ pratiquent les marges les plus larges du pays, et vous êtes captif : vous avez déjà passé la sécurité, il n’y a pas de concurrent à cinquante mètres, et votre vol part dans une heure.
Si vous devez vraiment changer à l’aéroport, attendez-vous à perdre nettement plus qu’en ville, et ne le faites que sur le solde.
Quatre meilleures options
1. Dépenser délibérément. Mettez la dernière note d’hôtel, le dîner final et les souvenirs sur la carte, et payez tout le reste en espèces jusqu’à épuisement. Cela ne coûte rien et c’est la solution qui gagne à tous les coups.
2. Changer en ville, pas à l’aéroport. S’il vous reste une vraie somme — disons plus de 10 000 bahts —, un bureau de ville vous donnera un taux de vente bien meilleur que le terminal. Comparez la colonne Selling : le bureau qui a le meilleur taux d’achat n’est pas toujours celui qui a le meilleur taux de vente.
3. Les garder pour la prochaine fois. Si vous revenez en Thaïlande plus d’une fois tous les deux ou trois ans, conserver les billets ne coûte rien et vous évite entièrement la marge aller-retour. Les billets de banque ne périment pas. Rangez-les avec votre passeport, pas dans un tiroir que vous oublierez.
4. Donner les pièces. Les pièces thaïlandaises ne s’échangent nulle part hors de Thaïlande, et la plupart des bureaux ne les reprennent pas non plus. Les urnes de dons à l’aéroport et dans les temples sont la réponse pratique.
Le cas particulier du retour en France
Deux précisions qui concernent spécifiquement un voyageur rentrant en Europe.
Les bureaux français rachètent le baht, mais mal. Le baht est une devise exotique en France : immobilisée en caisse, peu demandée, elle se rachète à un écart nettement plus large qu’en Thaïlande. Rentrer avec une liasse de bahts en se disant qu’on la changera à Paris est le plus mauvais des scénarios, pire encore que le comptoir du terminal à Bangkok.
Votre banque ne rachètera probablement rien. Les agences bancaires françaises ne tiennent plus de caisse en devises exotiques, et beaucoup ne font plus de change du tout. Ne comptez pas dessus au retour.
La conclusion est simple : si vous ne revenez pas, le change se fait en Thaïlande, avant l’aéroport. Si vous revenez, gardez les billets.
Si vous rechangez, regardez la colonne de vente
Sur ce site, basculez le sélecteur sur « acheter des euros avec des bahts » et le classement s’inverse pour montrer d’abord les meilleurs taux de vente. C’est le chiffre qui compte quand vous rentrez, et c’est un classement différent de celui de l’arrivée. Il est disponible sur chaque page de ville, par exemple Bangkok ou Phuket.
Une nuance utile : sur le trajet du retour, la contrainte n’est presque jamais le taux, c’est l’horaire. Les bureaux de ville ferment le soir, et un vol de nuit vers Paris — l’horaire le plus courant depuis Bangkok — signifie que vous quittez l’hôtel après la fermeture. Prévoyez l’opération la veille ou dans l’après-midi, pas le soir même.
Combien garder sur soi
Gardez de quoi couvrir le trajet vers l’aéroport, un repas, de l’eau et une marge : un ou deux milliers de bahts suffisent largement pour deux personnes. Le taxi depuis le centre de Bangkok vers Suvarnabhumi coûte de l’ordre de 350 à 500 bahts, péages compris, et l’Airport Rail Link moins de 50 bahts.
Gardez ce montant en petites coupures. Rien n’est plus agaçant que d’avoir un unique billet de 1 000 bahts pour payer un bus à 30.
Les grosses sommes
Il n’existe aucune limite pratique à la sortie de devises étrangères de Thaïlande pour un voyageur ordinaire, mais transporter une forte somme en espèces dans un aéroport reste un risque en soi.
Rappelons aussi la règle qui s’applique à votre retour : à l’entrée dans l’Union européenne avec 10 000 € ou plus en espèces ou en instruments au porteur, une déclaration à la douane est obligatoire. C’est déclaratif, pas interdit, mais l’omission se paie cher.
Pour des montants intermédiaires, dépenser à la baisse, ou convertir en ville et répartir entre deux sacs, est plus raisonnable que de tout faire au dernier moment à la porte d’embarquement.
Les boutiques hors taxes ne sont pas une solution de change
Beaucoup de voyageurs se disent qu’ils écouleront leurs derniers bahts en zone sous douane. C’est possible, mais ce n’est pas une bonne conversion : les prix y sont établis en bahts à des niveaux qui ne sont pas particulièrement avantageux, et acheter quelque chose dont vous n’aviez pas besoin pour « ne pas perdre » vingt euros de marge est une opération perdante à cent pour cent.
Si vous achetez en zone hors taxes, achetez ce que vous vouliez acheter. Et là aussi, si le terminal propose de vous débiter en euros, refusez.
Quand cela ne sert à rien
S’il vous reste moins de 2 000 bahts. L’écart entre un bon taux de vente en ville et le comptoir du terminal représente alors quelques euros. Dépensez, ou changez à l’aéroport sans y penser.
Si vous revenez en Thaïlande dans l’année. Gardez tout. C’est strictement la meilleure option, et elle ne demande aucun effort.
Si votre vol part tôt le matin. Aucun bureau de ville ne sera ouvert. Prévoyez la veille, ou acceptez le taux du terminal sur un petit solde.
Si vous partez vers un autre pays d’Asie du Sud-Est. Le baht se change correctement au Laos, au Cambodge et en Malaisie voisine. Dans ce cas, garder des bahts n’est pas une perte, c’est une devise de transit.
Enfin, ne faites pas un aller-retour en ville uniquement pour rechanger. Le taxi coûte plus que la différence, sauf sur une somme vraiment importante — et si la somme est vraiment importante, la vraie question est plutôt de savoir pourquoi vous aviez changé autant à l’arrivée. La réponse est dans la check-list du premier voyage : changer par tranches plutôt qu’en une fois.