Quelle devise emporter en Thaïlande quand on part de France
Article mis à jour: 2026-09-17
Meilleur taux EUR · Bangkok: 38,10 — Superrich Thailand — Headquarter Rajdamri 1 · 20 sept., 08:58 → Détails
Les bureaux de change thaïlandais traitent des dizaines de devises, mais la marge qu’ils prennent varie énormément selon la facilité avec laquelle ils peuvent écouler les billets. Quand on a le choix de ce qu’on emporte, cette hiérarchie vaut la peine d’être connue.

L’euro est en première division
Bonne nouvelle pour un voyageur au départ de France : l’euro fait partie, avec le dollar américain, du très petit groupe de devises que tout bureau agréé en Thaïlande achète sans hésiter, en grosses coupures, à une marge serrée. Dans les quartiers de Bangkok où la concurrence est directe, l’écart avec le taux interbancaire sur l’euro est faible.
Autrement dit : n’achetez pas de dollars à Paris pour les rechanger à Bangkok. Vous paieriez une marge deux fois pour arriver au même point. Cette astuce, qu’on lit parfois sur les forums, concerne les voyageurs dont la monnaie nationale est mal traitée en Thaïlande. Ce n’est pas votre cas.
N’achetez pas de bahts en France
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus facile à éviter. Les bureaux français et les guichets d’aéroport à Paris vendent du baht à des conditions nettement moins bonnes que celles pratiquées en Thaïlande, simplement parce que le baht y est une devise exotique, immobilisée en caisse et peu demandée.
La seule raison valable de partir avec quelques milliers de bahts est psychologique : ne pas arriver à Suvarnabhumi les poches vides. Si cela vous rassure, prenez de quoi payer un taxi, pas davantage. Le reste se change sur place, et la différence est franche.
Les autres devises que peut avoir un voyageur français
Le franc suisse est bien traité par les grandes chaînes à Bangkok et dans les zones touristiques, avec une marge un peu plus large que l’euro. Si vous vivez en Suisse ou travaillez de l’autre côté de la frontière, inutile de convertir en euros avant : partez avec vos francs et changez-les sur place.
La livre sterling, le dollar canadien, le dollar australien, le dollar singapourien et le yen sont traités partout dans les zones touristiques et à Bangkok, avec des écarts raisonnables.
Le dollar des Caraïbes orientales, le franc CFP, le franc CFA et les monnaies des collectivités et pays liés à la France ne sont pas des devises que les bureaux thaïlandais achètent. Si vous partez de Nouméa, de Papeete, de Fort-de-France ou de Dakar, la bonne devise de transport est l’euro ou le dollar américain, changé avant le départ ou dans la ville de correspondance.
Le dirham marocain, le dinar tunisien et le dinar algérien ne sortent pas librement de leur pays d’émission et ne sont pas achetés en Thaïlande. Là encore, l’euro est la réponse.
Les coupures comptent autant que la devise
La hiérarchie des devises et celle des coupures sont deux choses distinctes, et elles s’additionnent. Un billet de 100 € obtient un meilleur taux qu’un billet de 10 €, chez le même bureau, le même jour. L’écart entre le palier haut et le palier bas tourne couramment autour de 1 à 2 %.
Demandez donc à votre banque des billets de 100 ou 200 €, pas un paquet de petites coupures. La Banque centrale européenne n’émet plus de billet de 500 € depuis 2019, la question ne se pose donc plus en pratique.
Et vérifiez l’état des billets au guichet en France : déchirés, scotchés, annotés, ils sont décotés ou refusés en Thaïlande, plus strictement qu’en Europe.
Combien d’espèces emporter
Il n’y a pas de bonne réponse universelle, mais il y a une structure qui marche : des espèces pour les marchés, la rue, les taxis, les petits restaurants et les temples ; une carte pour les hôtels, les centres commerciaux, les grandes enseignes et les billets achetés en ligne.
Sur le plan réglementaire, un voyageur qui quitte l’Union européenne avec 10 000 € ou plus en espèces — ou l’équivalent, tous moyens de paiement au porteur confondus — doit le déclarer à la douane française. En dessous, aucune formalité. Côté thaïlandais, il existe également un seuil de déclaration à l’entrée ; pour un séjour de tourisme normal, vous en êtes très loin.
Le bon partage entre espèces et carte
Les cartes bancaires françaises facturent généralement deux choses hors zone euro : une commission fixe par retrait au distributeur, et des frais de change exprimés en pourcentage du montant sur les retraits comme sur les paiements. Les deux figurent dans la brochure tarifaire de votre banque, sous une rubrique du type « opérations hors zone euro » — le chiffre varie beaucoup d’un établissement à l’autre, et les banques en ligne ne facturent pas la même chose que les réseaux traditionnels.
Regardez ce chiffre avant de partir, parce qu’il décide de votre stratégie. Avec des frais de change de plusieurs pour cent, changer des espèces dans un bon bureau thaïlandais est franchement plus avantageux et la carte devient un dépannage. Avec une carte sans frais de change, l’équilibre se rapproche, mais les 220 bahts prélevés par chaque distributeur thaïlandais restent, eux, incompressibles : le détail est dans les frais des distributeurs en Thaïlande.
Vérifiez aussi que votre carte fonctionne à l’étranger
Les cartes françaises sont très souvent co-badgées : le logo CB cohabite avec celui de Visa ou de Mastercard. Le réseau CB ne fonctionne qu’en France. Hors de France, votre paiement passe par Visa ou Mastercard, ce qui veut dire qu’une carte purement CB, sans second logo, ne vous servira à rien en Thaïlande.
Vérifiez donc trois points avant de partir : le logo international est bien présent ; l’option « paiements et retraits à l’étranger » est active dans votre application bancaire ; et les plafonds de retrait hebdomadaires sont compatibles avec ce que vous comptez sortir sur place.
Quand cela ne sert à rien
Si vous partez une semaine en formule tout compris dans un resort, avec les excursions payées à l’avance, cette page ne vous concerne presque pas. Quelques centaines d’euros changés à l’arrivée suffiront à couvrir les pourboires, les boissons hors formule et deux ou trois sorties.
De même, si votre banque ne facture ni frais de change ni commission de retrait, arbitrer entre espèces et carte pour gagner un pour cent est un loisir, pas une nécessité.
Enfin, ne convertissez jamais une devise en une autre dans le seul but de mieux la changer ensuite, sauf si votre monnaie de départ est franchement mal traitée en Thaïlande. Avec des euros en poche, la seule optimisation qui compte vraiment est de choisir un bon bureau une fois sur place, ville par ville, à commencer par Bangkok ou Pattaya.