Les billets qu’un bureau thaïlandais refuse, et ceux qu’il décote
Article mis à jour: 2026-09-17
Meilleur taux EUR · Bangkok: 38,10 — Superrich Thailand — Headquarter Rajdamri 1 · 20 sept., 08:58 → Détails
Un bureau de change thaïlandais n’achète pas un chiffre, il achète un objet physique. Ce billet devra être compté, trié, mis en liasse, transporté sous escorte et revendu à une banque thaïlandaise. Si l’objet est abîmé, la banque le décote ou le refuse, et c’est le bureau qui absorbe la perte. Il préfère donc refuser en premier.

Cela surprend les voyageurs français, parce qu’en France un billet fatigué se dépense quand même. Vous tendez une coupure molle et pliée en quatre à la caisse d’un supermarché, personne ne la regarde. En Thaïlande, le même billet peut vous être rendu au guichet, ou accepté à un taux visiblement inférieur à celui qui est affiché sur le tableau.
Ce qui est refusé d’emblée
Dans ces catégories, le refus est probable plutôt que possible.
Les déchirures et les coins manquants. Une déchirure nette qui traverse le corps du billet, ou un morceau absent, met fin à la conversation. Les petites entailles sur le bord sont souvent tolérées ; tout ce qui atteint l’impression ne l’est pas.
Le scotch et les réparations. Un billet scotché est traité comme un billet abîmé que quelqu’un a tenté de dissimuler. Ne réparez jamais un billet déchiré avant de partir : vous aggravez son cas.
L’encre et les tampons. N’importe quelle écriture. Un numéro de téléphone noté à la va-vite, un trait de stylo d’enfant, un tampon de comptage, une croix faite par un caissier. C’est le point qui étonne le plus, parce que l’annotation ne dit rien de l’authenticité du billet.
Les taches, l’eau, les moisissures. Un billet passé en machine à laver ou stocké dans un endroit humide ressort mou et décoloré. Il est refusé à vue.
Ce que révèle la lampe ultraviolette. Beaucoup de guichets passent les billets sous UV. Un billet lavé, blanchi ou nettoyé chimiquement réagit anormalement et vous est rendu sans grande explication.
Les dollars américains imprimés avant 2006. Ce n’est pas une règle thaïlandaise mais une habitude régionale, valable dans toute l’Asie du Sud-Est. Les anciennes séries sont plus difficiles à authentifier pour le personnel comme pour les machines, et les contrefaçons des séries anciennes ont beaucoup circulé dans la région. Beaucoup de guichets thaïlandais ne les prennent tout simplement pas ; ceux qui les prennent paient moins. Cela concerne les voyageurs français plus souvent qu’on ne le croit : les dollars que l’on garde dans un tiroir depuis un voyage ancien sont exactement ceux qui posent problème. L’année de série est imprimée en petit sur la face du billet. Si vos dollars sont antérieurs à 2006, échangez-les à votre banque en France, où ils valent leur valeur faciale.
Ce qui est accepté, mais moins bien payé
Un billet n’a pas besoin d’être refusé pour vous coûter de l’argent. Deux choses vous font descendre discrètement dans le tableau.
Les petites coupures. Un billet de 100 € ou de 200 € vous donne droit à la ligne du haut. Les billets de 10 € et de 20 € sont cotés séparément, plus bas, couramment de 1 à 3 % en dessous. Le bureau a le même coût de manipulation par billet quelle que soit la valeur imprimée dessus, donc il paie moins par euro traité. Le mécanisme est détaillé dans lire un tableau de change.
L’usure sans dommage. Plis profonds, mollesse, saleté. Certains guichets prennent ces billets au taux normal, d’autres vous descendent d’un cran, d’autres vous envoient à un autre comptoir. Cela varie selon la boutique et selon l’affluence.
Les devises où l’état du billet compte le plus
La tolérance n’est pas la même partout.
- Le dollar américain subit le contrôle le plus strict, à cause de la question des séries antérieures à 2006 et parce que c’est la devise la plus contrefaite de la région.
- L’euro, la livre sterling, le franc suisse, le yen, le dollar de Singapour sont vérifiés mais jugés moins sévèrement. Les papiers et les vernis modernes vieillissent mieux.
- Les dollars australien, néo-zélandais et canadien sont en polymère et échouent presque uniquement sur le palier de coupure, jamais sur l’état.
- Les devises rares et régionales obtiennent la tolérance la plus faible, parce que le bureau a moins d’acheteurs pour elles et moins de marge pour absorber une décote.
Le cas de l’euro, vu de France
La Banque centrale européenne n’émet plus le billet de 500 € depuis 2019, et vous n’en verrez pas au guichet de votre agence. En pratique, la plus grosse coupure que vous aurez en main est celle de 200 €, plus souvent celle de 100 €. Ces deux valeurs se situent dans le palier haut de la quasi-totalité des tableaux thaïlandais, donc vous ne perdez rien.
Ce qu’il faut éviter, c’est de partir avec une liasse de billets de 10 et 20 € accumulés au fil des mois dans un portefeuille. C’est exactement la configuration qui vous fait perdre le palier supérieur sans que vous vous en rendiez compte.
Une remarque d’organisation : la plupart des agences bancaires françaises ne détiennent pas de grosses coupures en réserve et commandent les espèces. Si vous voulez des billets neufs et de forte valeur, demandez-les une semaine avant le départ, pas la veille. Et rien n’oblige à commander des devises exotiques : l’euro est en première division sur les tableaux thaïlandais, comme l’explique quelle devise emporter.
Le tri, à faire chez vous
Cela prend dix minutes, et cela se fait en France, où vous avez encore des solutions.
- Étalez vos espèces et regardez chaque billet sous une lampe, recto et verso.
- Mettez de côté tout ce qui est déchiré, scotché, annoté, taché ou mou. Dépensez ces billets en France ou échangez-les à votre agence.
- Pour les dollars, vérifiez l’année de série. À partir de 2006, c’est bon ; avant, retour à la banque.
- Gardez le reste à plat, dans une enveloppe ou un porte-passeport, pas roulé au fond d’une poche.
- Emportez les plus grosses coupures que votre banque accepte de vous donner.
Au guichet
Tendez les billets à plat, face visible, en une seule pile, les plus grosses valeurs dessus. Le comptage se fait à la main et à la machine, et une pile nette va plus vite.
Si un billet est ressorti et rendu, c’est une issue normale, pas une accusation. Reprenez-le et essayez un autre bureau : la tolérance varie réellement, et un billet refusé à une vitrine est parfois pris cent mètres plus loin. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est discuter au guichet. La personne en face n’émet pas un jugement sur vous, elle applique ce que sa propre banque acceptera d’elle.
Si un billet est ressorti et gardé, c’est autre chose : le bureau pense qu’il est faux, et une procédure démarre. Elle est décrite dans faux billets : comment un bureau vérifie les vôtres.
Recomptez ce que l’on vous remet avant de vous éloigner, à chaque fois. Les bahts vous sont rendus en éventail, sous vos yeux, précisément pour cela.
Quand cela ne sert à rien
Si vous ne partez pas avec des espèces. Carte pour les hôtels et les restaurants, un retrait pour le reste : rien de tout ceci ne vous concerne. Vos coûts à vous sont les 220 bahts fixes du distributeur et ce que votre banque ajoute.
Si vos billets sortent d’une agence ou d’un distributeur français ce mois-ci. Ils sont propres, de série courante et en ordre. Regardez-les une fois et passez à autre chose.
Si vous changez une petite somme. Sur l’équivalent de 100 ou 200 €, l’écart entre le palier haut et un palier inférieur se chiffre en quelques dizaines de bahts. Cela ne vaut pas une matinée de tri.
Les personnes réellement concernées sont celles qui transportent une somme importante en dollars anciens et mélangés, parce que c’est là que le refus au guichet est à la fois le plus probable et le plus coûteux à réparer une fois sur place. Avant de choisir un bureau, regardez ce que cotent ceux qui sont près de vous sur la page Bangkok ou dans l’annuaire des bureaux.